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vendredi 28 février 2014

10 conseils pour écrire un roman

Je vais faire moins fun, désolée !
Je ne suis pas Neil Gaiman, J.K. Rowling ou n'importe quelle autre star connue pour pondre des merveilles. Mais, justement, sans être l'un de ces monstres sacrés, j'ai quand même réussi à commettre quelques romans (et, accessoirement, à leur trouver un éditeur).

Ce ne sont pas des conseils originaux, je les ai déjà lus ailleurs, et ils ont donné naissance à l'auteure que je suis aujourd'hui. Alors, si nous sommes plusieurs à prodiguer les même conseils, c'est peut-être parce qu'il y a un fond de vérité dedans. Ah ah ;-)


C'est parti !


Le pire ennemi d'un auteur est également son allié : sa muse, son inspiration, son double maléfique qui lui souffle des histoires à l'oreille dès qu'il a le malheur de lever le nez. Combien d'entre nous attaquent une histoire et au milieu de celle-ci, entendent les sirènes d'une autre les appeler ?

Couché, la muse.
Pour certains d'entre nous, le problème est ailleurs : faire et défaire, changer d'avis en cours de route, revenir en arrière, viser la perfection absolue, ne pas se satisfaire de ses idées, de ses personnages, ou encore ne pas avoir envie de quitter un univers dans lequel on se sent bien.

Que vous ne cessiez d'écrire et de réécrire le même texte, ou au contraire, de multiplier les projets, le problème est le même, vous risquez de ne jamais rien terminer. Donc, prenez sur vous. Terminez. 

Le sur-place, c'est mal.

Tant que vous n'aurez pas posé un point final sur une histoire (pourrie ou non), vous demeurerez dans l'incertitude, rongé par le doute, incapable de déterminer si vous êtes capable ou non d'écrire un texte en entier.

Mon astuce : commencez par boucler des petits projets annexes (nouvelles, novella) si vous ne parvenez pas à achever votre grand oeuvre. 


Qu'il s'agisse de s'isoler dans un bureau ou au contraire de s'installer à un café, de travailler une heure par jour ou à fond chaque nuit pendant un mois, de rédiger ou non un synopsis, d'écrire sur papier ou directement sur traitement de texte, apprenez à vous connaître.


Il existe autant de profils d'auteur que d'auteurs, c'est donc à vous de définir le vôtre. De cette façon, vous serez capable d'organiser vos plages d'écriture et de prendre confiance en vous et en votre capacité à mener à bien vos projets.



L'écriture est un merveilleux vecteur d'émotion mais elle apporte aussi son lot de doutes et de frustration. Se fixer un objectif quotidien (une page par jour), hebdomadaire (5000 mots par semaine), mensuel (un chapitre par mois) en fonction de votre capacité de travail est à mon avis l'une des meilleures façons d'avancer régulièrement. Cela rassure, surtout quand on n'est pas un speedy gonzaless du premier jet.

Une petite page pour le roman, un grand pas pour l'auteur.
Il y un autre point auquel nombre de jeunes auteurs ne prêtent pas attention. L'écriture est une question d'expérience à construire. Un musicien apprend ses gammes avant de composer, et il n'attaque pas par un opéra. Projeter d'écrire une saga en dix tomes sur x années, c'est comme s'attaquer à l'Everest : ça mérite un peu de préparation. Pensez-y. ;-)



Il n'y a rien de tel pour parfaire votre connaissance de la langue, améliorer votre orthographe et votre syntaxe mine de rien (enfin, sur moi, ça marche). Lire, c'est aussi se forger une bibliothèque de données sur la construction de récits et de personnages en vous confrontant à différentes manières de faire. Lire affutera votre esprit critique : vous noterez des incohérences, des problèmes de constructions, des argumentaires qui vous déplaisent, et vous aurez à coeur de ne pas les reproduire. Le tout, sans effort particulier. ;-)

Pensez aux livres comme à des armes ;-)
Lire est aussi nécessaire afin de vous inscrire dans votre époque, de savoir ce qui se vend sur le marché, de connaître les éditeurs et leurs goûts. Plutôt important, si vous souhaitez faire carrière. ;-)



Au delà des livres, la connaissance de l'humain passe par des interactions avec vos semblables (important pour la caractérisation). La connaissance des sensations (froid, faim, courbatures, peur, gourmandise, sensualité, etc.) s'explore à travers votre corps. L'expérience naît de l'expérimentation. Il en va de même pour les idées qu'on explore par la lecture, le cinéma, les discussions, etc.

Même pas cap !
Qu'il s'agisse de sorties, de loisirs ou de voyage, vivre pleinement vous donnera de la matière à partager dans vos textes.


Certains auteurs sont effrayants tant ils brillent (style impeccable, histoire démente, rapidité d'écriture, éditeur, présence en salons). Vous morfondre à cause de votre sentiment d'infériorité accentuera le poids sur vos épaules, mais cela vous aidera-t-il à progresser ? J'en doute.

Il faut prendre du recul.
N'oubliez pas que l'écriture est aussi une affaire d'expérience et que vous vous construisez la vôtre. Vous écrirez mieux et plus vite à mesure que vous alignerez des mots, mais là n'est pas l'important. Vous devez accepter l'auteur que vous êtes ou que vous deviendrez, comme n'importe qui apprend à accepter ses qualités et ses défauts, ou son apparence physique.

Faites-en sorte que l'écriture demeure un plaisir, pas un vecteur de frustration supplémentaire. ;-)


L'écriture est un acte solitaire, mais partager l'amour de l'écriture permet de mieux le vivre et de surmonter les périodes de doute que vous ne manquerez pas de traverser. Il est rare d'avoir un entourage qui soit capable de comprendre vos questions et d'y répondre, ou même de s'intéresser à des problèmes spécifiques comme la gestion de l'information dans un texte ou les problèmes de tension.

Les auteurs sont les mieux placés pour discuter avec vous d'écriture, vous encourager si vous les encouragez en retour, et aussi vous aider à vous relire une fois votre texte terminé.

Paul, la fontaine ! (spéciale dédicace, désolée).
Vous trouverez des auteurs sur les réseaux sociaux et les forums d'écriture, voire sur les ateliers d'écriture ou sur les salons une fois publié(e).  ;-)



 Travaillez sur votre texte avant de le proposer à qui que ce soit.

Relisez-le au moins une fois de sorte à corriger les fautes, les gros problèmes, tout ce que vous pouvez voir tout seul, et surtout afin de vous assurer que le texte est lisible. Un compositeur écoute son morceau avant de le faire écouter à un autre. Il devrait en aller de même avec un texte.

Il est tentant de le donner à lire immédiatement, mais ne le faites que si vous êtes sûr(e) de la personne à qui vous l'envoyez. Si vous donnez quelque chose d'illisible à vos premiers lecteurs, vous risquez de ne pas obtenir de retours du tout s'ils sont effrayés par la masse de choses à redire. Pire, vos lecteurs risquent de vous noyer sous leurs remarques négatives, et là, bonjour la déprime.

Ce gif marche aussi avec les retours d'éditeurs.
Ma méthode consiste en une grosse relecture de fond et de forme, de sorte à proposer le meilleur texte possible, quelque chose de solide, sur lequel il sera plus facile de récupérer des commentaires utiles. C'est du temps de gagné pour la suite ; pour les lecteurs, c'est aussi moins de travail, donc un retour plus rapide à fournir.


On écrit rarement un chef d'oeuvre du premier coup. Les premiers retours de lecteurs seront durs. Il y aura des ajustements à faire, du travail à fournir encore, et si vous ne prenez en compte aucun avis, vous n'irez pas très loin.
Gardez votre calme, surtout.
Comprenez que même accepté par un éditeur, un texte sera revu et corrigé par plusieurs personnes. Un texte existe en de multiples versions avant d'être publié et une fois qu'il est disponible à la vente, les lecteurs ne prennent pas de gants pour exprimer leur avis.

Il faut prendre de la distance avec la critique, elle ne doit pas nous "couper les ailes" mais nous pousser à mieux faire.




Le plus difficile, c'est toujours de passer à l'acte. Il y a des millions de choses à faire dans ce bas monde, les courses, le méange, les enfants, le travail, les sorties, les séries, les livres à lire. Le temps d'écrire ne se trouve pas, il se prend (cf. le conseil numéro 2).

Combien de fois m'a-t-on dit : "j'ai une super idée de roman, il faudrait que je l'écrive !"

Un peu trop souvent. 

Parler d'écriture, s'organiser, se poser des questions, préparer des histoires, des scénarios, blablabla, c'est super stimulant, amusant, et ce n'est pas dangereux, on ne se confronte pas à l'échec de la sorte.

 Mais écrire, c'est mieux. Vraiment. 

C'est pas le tout, j'ai un roman à livrer moi. ;-) 

Note: Le fond d'image des conseils appartient à http://marii85.deviantart.com/art/notebook-1-95900949 Merci à l'auteure !

mardi 25 février 2014

Dans le tourbillon de l'écriture

Je n'ai pas beaucoup de disponibilité d'esprit pour réfléchir à autre chose qu'au Lion à la Langue Fourchue ces temps-ci. Les personnages sont aspirés par le ballet des évènements, rattrapés par le passé, acculés par l'avenir. Ils me hantent la nuit, me tourmentent de jour. J'écris beaucoup, je lis moins, je rêve trop.

On demande souvent aux auteurs d'où provient leur inspiration. On s'interroge sur ces idées qui jaillissent de nulle part et on ne s'explique pas ces personnages qui semblent disposer de leur vie propre. Pourtant, ce n'est pas plus compliqué que de se projeter dans le récit en se demandant ce qu'on aurait voulu qu'il se produise ou ce qu'on ferait à la place des personnages.

Tous les lecteurs se livrent à cet exercice, n'est-ce pas ?



Voilà, il suffit d'un seul "Et si?" pour que le récit prenne forme. Avec l'expérience (ou par magie), la toile a beau devenir inextricable, l'histoire tient debout et les éléments se répondent avec une force qui me surprend parfois.

Attention quand même, une petite incohérence et badaboum !
Selon mes chiffres, j'ai pour le moment passé 4 mois sur ce tome 2. J'ai peur de la fin. Je n'ai pas vraiment envie de quitter ce monde. Je vous l'avoue, Ès est mon univers le plus ancien et le plus personnel, l'équivalent de mon pays imaginaire, mon histoire sans fin à moi. Les chroniques de Siwès s'inscrivent dans l'épopée des Puissants laquelle s'étale sur plusieurs siècles. J'écrirai leur saga un jour prochain, c'est promis.

J'y ai quelques amis. :-)


En attendant, je dois déjà finir le Lion à la Langue Fourchue, qui accuse  au compteur un peu plus de 440 000 signes, espaces comprises. Le dénouement approche.

Et Siwès vole avec les dragons.

"May the wind under your wings bear you where the sun sails and the moon walks."
Source: 
http://thorinds.tumblr.com/post/77597556164/may-the-wind-under-your-wings-bear-you-where-the

Rendez-vous de l'autre côté de la brume des rêves.

mardi 24 décembre 2013

Bilan 2013 et Résolutions 2014

C'est traditionnel, c'est l'heure du bilan annuel ! Je le fais depuis des années parce que j'aime évaluer le chemin parcouru. J'ai besoin de matérialiser mes avancées, en quelque sorte.

Cette année, je n'ai pas réussi à remplir tous mes objectifs car je voulais désespérément terminer le Lion à la Langue Fourchue et que j'ai échoué. Bon, ce sera pour l'année prochaine. Je ne suis pas surhumaine, hein, c'est pas grave. J'ai quand même bien avancé ce fameux tome, terminé les corrections éditoriales de Subliminale, et écrit le tome suivant de La Balance Brisée, Animale.

Bazinga !


L'an prochain, ce sera une grande année:

  • Je suis impatiente de voir comment sera reçue La Balance Brisée par les lecteurs :-) Guettez les news de Castelmore, les amis !
  • J'espère que les fans de Siwès seront satisfaits avec le tome 2 (on va tout faire pour !)


Plein de surprises au programme :-) Hé hé !

Mine de rien, je vais terminer Siwès 2, puis écrire Elémentale, le troisième tome de La Balance Brisée, et donc cloturer deux séries.

Oui, j'ai un peu de boulot devant moi quand même.

Je vous souhaite de joyeuses fêtes


Bonnes fêtes à toutes et tous, et au plaisir de vous retrouver sur ce blog en 2014 pour de nouvelles folles aventures !

HO HO HO !

mercredi 4 décembre 2013

Des promesses et des "Tome 2"

C'est fou la pression qu'on se met quand il s'agit d'écriture et j'expérimente une nouvelle problématique de cet "art" avec mes tomes 2 (Animale et Le Lion à la Langue Fourchue) : la façon de traiter les promesses inhérentes à la nature d'un tome 2.

Je ne parle pas là des attentes qui se situent au niveau de l'intrigue comme la résolution des conflits, les questions laissées sans réponse ou les ouvertures semées par l'auteur, non je m'intéresse dans cet article à ce qui se situe à un niveau plus complexe, voire émotionnel et qui relève des attentes du lecteur.

Qu'est-ce qui fait un bon tome 2 ?

Vaste question.

Mon postulat de départ



J'ai beaucoup réfléchi aux seconds volets des sagas connues que j'ai aimés. Les exemples connus qui me viennent en tête (en jeunesse) sont A la croisée des mondes de Philipp Pullman et Harry Potter de J.K. Rowling, mais aussi les Hunger Games de Suzanne Collins ou encore les Uglies de Scott Westerfield. Il y en a bien d'autres, évidemment, mais je ne les citerai pas tous.

Un premier tome pose l'intrigue, les personnages, l'univers, les enjeux ; il bénéficie de l'attrait de la découverte et d'une certaine bienveillance de la part du lecteur. Même si le premier tome ne l'a pas tout à fait convaincu, ce dernier peut donner sa chance au suivant, en espérant que les défauts de "début" auront disparu et que le petit goût de "reviens-y" se transformera en un "j'en veux encore !"

J'y vois une nouvelle mise à l'épreuve de la série.

Peut-être pas à ce point-là quand même.
Lorsque j'endosse ma cape de lectrice, j'attends de voir si l'essai sera marqué, si ce volet confirmera ma première impression, si mes attentes seront comblées, si j'aimerai autant sinon plus que le premier tome et si j'irai au bout de la série. Il y a donc un enjeu important afin de fidéliser le lecteur (parce que, quand on écrit une série, ce n'est pas juste pour que les gens lisent le tome 1, sinon, on écrirait un one shot).

Du côté du lecteur


Le roman d'une série bénéficie de quelques avantages par rapport à un texte seul. Le lecteur n'a pas besoin de se frotter à un nouvel univers ou à une nouvelle galerie de personnages (il y a au moins quelques survivants) et il s'est acoutumé au style de l'auteur. Donc, il a moins d'efforts à fournir pour entrer dans l'histoire. Cette connaissance lui donne l'impression qu'il va enfiler une bonne paire de pantoufles : il sait où il va et il s'attend à ce moindre effort, mais pas seulement.

Moi non plus je ne pense pas que le pire soit derrière nous.
Ce détail à double tranchant a son importance du point de vue de l'auteur. Son lecteur espère retrouver ce qui lui a plu dans le premier opus. S'il ne retrouve pas ce qu'il veut, il risque de le prendre mal et de se tirer. S'il retrouve assez de ce qu'il a aimé précédemment, il y reviendra, mais en râlant pour la forme. S'il trouve de nouvelles "choses" à aimer, en plus de ce qu'il espérait, il sera ravi.

Voilà, on met en plein les pieds dans une partie du problème. L'auteur raconte une histoire, telle qu'elle vit dans son imaginaire. S'embarrasser des innombrables pantoufles des lecteurs, quand il part en trek en Himalaya n'est pas une priorité à ses yeux. Parce qu'en plus, d'un lecteur à l'autre, pantoufle varie.

L'auteur fera moins le malin avec son sac rempli de pantoufles.

Comment gérer ces attentes ?


Chercher à contenter tout le monde me paraît être une gageure ; à mon avis, il vaut toujours mieux faire un choix et s'y tenir. Il appartient à l'auteur d'identifier les ingrédients qui selon lui définissent son texte, puis de les appliquer à la série. Proposer au lecteur une corde et un baudrier auquel s'accrocher ne l'empêchera pas de choisir la voie d'escalade à main nue s'il est motivé. Mais au moins, vous aurez balisé le chemin et puis comme il a mis des pantoufles...

[Ma métaphore commence à prendre l'eau.]

De toute façon, l'auteur doit définir à un moment ou à un autre ce qu'il a voulu mettre dans son histoire afin d'être capable de la défendre et d'en parler. Ce travail nécessaire prend tout son sens au niveau de la série : elle doit posséder une identité.

Prenez les Sherlock Holmes par exemple. Le couple Holmes-Watson est au fondement de l'identité du roman, mais il y a aussi le rythme, l'atmosphère, et surtout la façon très personnelle que Holmes a de découvrir la vérité. Voire même sa façon de se comporter : le lecteur attend ses piques et ses extravagances.



Je suis sûre que vous voyez l'idée.

Au-delà de l'identité du roman


Certains éléments sont évidents, il n'y a pas besoin d'y réfléchir en particulier (comme pour Holmes), mais d'autres sont plus difficiles à identifier.  Les retours des bêta-lecteurs sont précieux pour les détecter.

L'exemple qui me vient en tête est le cas du personnage secondaire pour lequel le lectorat se prend d'affection alors que vous ne l'aviez pas vraiment vu venir. Autre exemple fréquent, la sous-intrigue du premier opus pour lequels les lecteurs se passionnent.

Par exemple, dans Subliminale, il y a un personnage mystère qui a beaucoup plu et qui à l'origine ne devait pas prendre beaucoup de place. Mais il a tellement plu que j'ai d'emblée décider de lui donner un rôle dans le second tome, puis dans le dernier.


Je me demande si c'était le cas de Gollum.

Il y a aussi tout un tas de petites touches qui sont importantes mais plus difficiles à détecter. Par exemple, si vous introduisez de l'humour (même rare) dans un premier opus, il en faudra une dose équivalente dans le suivant. Si aucun fabuleux ne se moque des humains dans le tome 2 des chroniques de Siwès, cela manquera au lecteur.
Je tenais à le caser celui-là.

Vu que j'y réfléchis depuis longtemps, j'en suis carrément venue à la conclusion que plus le terrain commun est grand entre deux volets d'une série, plus il y a de chance pour combler vos lecteurs et les faire tomber amoureux de la série. Par terrain commun, j'entends bien le nombre de caractéristiques communes.

Dans Harry Potter, c'est flagrant, parce qu'il y a plein de "rituels": les tomes sont calqués sur l'année scolaire, on passe par le Poudlard Express à chaque volume, les jumeaux Wesley font des blagues, il arrive un truc affreux à Harry en relation avec Voldemort, etc.

Le quidditch aussi.

Faut-il juste reprendre la "recette" du tome 1 ?


Non, parce qu'évidemment, le lecteur n'a pas envie de relire la même histoire. Rien de pire qu'un lecteur qui décroche d'une série parce que "c'est tout le temps la même chose". Le lecteur a envie de chausser des pantoufles certes, mais il a l'intention de voyager, pas juste aller du fauteuil au canapé. Il faut que le tome 2 fasse évoluer les personnages et les intrigues.

J'irai même plus loin : si possible, il faut essayer de surprendre son lecteur avec de nouveaux arcs, de nouvelles intrigues et en utilisant tout ce qui a été mis en place dans le tome 1. Un tome 2 est un roman avant tout. Il ne faut pas le réduire à une promesse ou à des attentes à combler.

Il ne faut pas que le lecteur se lasse à cause de ce qu'il a aimé précédemment. Si l'une des caractéristiques de votre roman, c'est l'action, vous devez remettre de l'action mais vous ne pouvez pas vous contenter de mettre une course poursuite à chaque tome. Vous devez varier l'action et vous renouveller.

Tchou-tchou
Je reviens sur l'exemple du Poudlard Express. Il se passe toujours quelque chose dans le Poudlard Express, du coup le plaisir est renouvellé. Si, à chaque trajet, Harry se contentait de se faire embêter par Drago Malefoy, cela perdrait vite son intérêt.

À mon avis, vous n'avez pas besoin de copier le tome 1 mais plutôt de jouer avec ce que vous y avez mis, exactement comme avec l'intrigue que vous déroulez et avec les personnages que vous mettez en scène.

En conclusion

Ces quelques remarques tombent sous le sens, mais c'est bien difficile d'y voir clair tant qu'on n'a pas eu de retours de lecteurs sur son texte. Je vous conseillerais de ne pas seulement chercher à faire plaisir au lecteur (c'est aussi le piège quand on s'intéresse à ce genre de problématique) : n'oubliez pas de vous faire plaisir et de vous amuser. Cela se sentira à la lecture.

Un écrivain heureux pour un lecteur heureux.
Et vous, amis lecteurs, qu'aimez-vous ou détestez-vous rencontrer dans les tomes 2 ?


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Note : Cet article était en rédaction depuis quelques semaines (ou mois) et je le poste aujourd'hui suite aux premiers retours de mes bêta-lecteurs, tous très encourageants sur Animale (Merci encore à vous !). Mes références à Harry Potter ne sont pas anodines, car sans avoir la prétention de chercher à égaler l'oeuvre de J. K. Rowling, j'avoue qu'elle m'a influencée dans le bon sens.

J'ai notamment eu le plaisir de recevoir quelques explications de son intertexte par Silène Edgar - les inscrits de la convention CoCyclics ayant assisté à son atelier se souviennent forcément de la baguette de Harry Potter. Son analyse m'a aidé à murir dans mon écriture (pas seulement sur ce texte) et j'étais très touchée (et rouge) ce matin en découvrant l'article qu'elle m'a consacré. Je pense qu'on peut cuire un oeuf à même mes joues, mais c'est bon pour la confiance en soi. Merci Silène !

Je vous conseille également la lecture de l'article d'Aelys sur la gestion des informations au début d'un tome 2, très intéressant ;-)

vendredi 25 octobre 2013

Pitcher à la volée

Récemment, j'ai pris connaissance de l'excellent article d'Agnès Marot (une auteure talentueuse à découvrir très vite) sur les pitchs, et encore plus récemment, j'ai dû me plier à l'exercice pour me préparer à diverses choses, dont quelques salons de fin d'année.

Apprenez que j'ai longtemps eu un gros souci avec cette fameuse question :
"Alors, de quoi est-ce que ça parle ?"
Mon sentiment de l'époque, mais ça, c'était avant.
Précédemment, quand on me cueillait par surprise, j'ouvrais de grands yeux de poisson frit sur le point d'être gobé, et je bafouillais un truc sans queue ni tête, soit trop court (c'est une histoire avec des gros monstres), soit trop long ("(...) J'en étais où au fait ? ").

Quand la personne en face cherche un moyen de s'échapper

Dans le métier, c'est important de savoir présenter ses textes. Je vous assure que c'est affreux de lire le désespoir dans le regard de votre interlocuteur. C'est encore pire quand il s'agit d'un éditeur intéressé par vos projets.

 En tout cas, j'ai mis au point une recette, car j'ai eu la chance de recevoir les commentaires d'une experte sur l'une de mes tentatives et on va dire qu'un peu de lumière est entrée dans la caverne de mon cerveau.

Bon, alors, cette recette ?


Déjà, lisez bien l'article d'Agnès Marot, parce qu'en réalité, j'utilise une variante. J'ai testé sur mes bouquins, ça marche.

Avertissement : les exemples suivants ne sont pas des pitchs "travaillés" pour accompagner un envoi de manuscrit : ils sont pleins de répétitions.

C'est parti.

1. J'expose grosso modo de quel genre de roman il s'agit:
Siwès:
 La Guerrière Fantôme est un roman de fantasy, tout public, accessible dès 15 ans.
ASLO
Au Sortir de l'Ombre est un thriller fantastique, qui se passe à Londres en 1890, à l'époque de Jack l'éventreur.

2. Ensuite, je présente le personnage principal (ou si ce n'est pas possible, je parle du groupe de  protagonistes) que je place dans la situation initiale au début du roman.

Siwès
La nuit, pendant ses rêves, Siwès se projette dans un monde peuplé de dragons et de diverses créatures fabuleuses.
ASLO
C'est l'histoire de trois tueurs qui se trouvent envoyés en mission spéciale de protection, auprès d'une prêtresse qui retient enfermé un monstre dans son ombre.

3. Vient maintenant l'élément déclencheur du roman, ce qui vient lancer l'histoire à proprement parler.
Siwès
Un tigre fabuleux lui révèle sa nature d'esprit guerrier et la pousse, de fil en aiguille, à prendre part à la guerre qui ravage son monde.
ASLO
La situation échappe à leur contrôle et ils prennent la fuite avec la prêtresse, avec d'autres tueurs de leur propre organisation lancés à leurs trousses.

4. Ensuite, je termine par une ouverture :
Siwès
Siwès décide de trouver un moyen de vaincre les armées ennemies, sans se douter qu'elle est sur le point de bouleverser le cours de sa propre existence.
ASLO
Nos héros en viennent à mener l'enquête sur ces traîtres sans se douter qu'en toile de fond, ce sont les monstres de l'ombre qui tirent les ficelles.
(Mon arme fatale: le sans se douter que, pour créer de l'ironie dramatique. ;-) )

5. (Optionnel) En fonction de l'interlocuteur, vous pouvez parler des sources d'inspiration et/ou des livres qui se rapprochent du vôtre et/ou des thèmes et/ou ce que vous promettez (frisson, boules de feu, beaucoup de dragons).

Hum.

A l'oral, cela passe beaucoup mieux.

Les détails qui tuent



L'important, c'est de faire court et d'éviter au maximum de donner des détails (sauf si on vous pose des questions).
Soyez concis.

Surtout, surtout, évitez d'énumérer des noms. A la limite, utilisez celui du protagoniste principal, mais n'en donnez pas d'autres, l'interlocuteur ne les retiendra pas. Au contraire, plus ils se multiplient, moins il les retient, et plus vous risquez de présenter les personnages, de vous étaler, de partir dans une mauvaise direction.

Evitez également d'utiliser des termes trop spécifiques à votre roman. Par exemple, au lieu de parler d'agents et de traqueurs dans la présentation d'ASLO, j'ai employé le terme de "tueurs" qui parle à tout le monde.

En réalité, c'est surtout ce conseil à propos des noms qui m'a permis de changer radicalement ma façon de présenter mes textes. Avant, je sentais que certains noms semaient la confusion de mon interlocuteur et je m'empressais de les expliquer. Et je partais loin...

Moments de solitude, hum, bref.

Tout s'apprend


Si comme moi, vous n'êtes pas très à l'aise avec l'exercice, préparer une petite fiche de présentation à l'avance s'avère bien utile. S'entraîner en solitaire ou sur des copains, aussi. Tout est bon pour ne pas se transformer en patate au moment fatidique où vous devez donner envie de lire votre livre.

J'ai testé lors de la convention Scorfel, en apportant naturellement des variantes en fonction des interlocuteurs et je m'en suis très bien sortie.

J'ai dédicacé plein de bouquins samedi dernier !