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lundi 22 juillet 2013

Dans la tête des lecteurs

Pour moi, un projet de roman, c'est dans l'ordre :
  1. L'écriture (c'est le moment plaisir) ;
  2. La relecture et/ou réécriture, aka nettoyons le texte et rendons-le lisible (c'est aussi un moment plaisir, mais nettement plus sérieux) ;
  3. La bêta-lecture (moment important plein de stress) ;
  4. L'envoi/la recherche d'éditeur (moment stress) ;
  5. Le travail éditorial (stress mais plaisir - préparer un beau texte pour une parution, c'est beaucoup d'émotions et de joie) ;
  6. La parution (l'euphorie) ;
  7. Les chroniques et retours des lecteurs (panel d'émotions).
Pour le dernier point, on peut se dire que c'est du tout ou rien. Il y a ceux qui aiment, ceux qui détestent. Ceux qui rentrent dedans sans problème, et ceux qui décrochent au bout de quelques pages. Le lecteur qui adore le texte sans aucune réserve est un oiseau rare et, lorsqu'un autre rejette un texte qu'il porte aux nues, il a parfois du mal à comprendre pourquoi.

Qu'est-ce qui ne va pas chez toi? Tout le monde aime les singes.

N'est-ce pas fascinant ? Intriguant ? Les mêmes mots, les mêmes histoires sont perçues différemment par chaque personne, qu'il s'agisse de l'auteur ou du lecteur. Il n'est pas rare de lire de la part d'un lecteur qu'il n'aurait pas choisi tel personnage principal, tel rebondissement, telle conclusion, etc. L'auteur répliquera intérieurement que c'est lui l'auteur, et que donc il a choisi ce qui lui paraissait le plus juste à lui. Le lecteur n'en aura pas conscience, évidemment, parce que lorsqu'il lit, il s'approprie le texte. Il se moque de la vision de l'auteur, elle est absente de sa lecture. C'est d'ailleurs très bien comme ça.

Faisons un parallèle. Prenons un guitariste qui joue un morceau en suivant une partition : s'il a entendu l'auteur la jouer, il pourra sûrement la rejouer exactement pareil, ou presque pareil, ou alors, il l'interprétera, il choisira de la rejouer à sa façon. En tout cas, s'il est bon en solfège, il est quand même capable de reproduire le morceau à l'identique.

Le lecteur n'a jamais eu la version de l'auteur. Il est tout seul devant sa partition. Il recrée la musique, mais les notes sont complexes à déchiffrer : elles sont constituées de milliers de mots, d'expressions, de symbôles de ponctutation, et énormément d'information à traiter.

NDA: Je pourrais m'appuyer sur les sciences psycho-cognitives, mais ce n'est ni un cours, ni une étude, juste une réflexion personnelle – traduire par "j'ai la flemme", alors on va se contenter de vulgariser tranquillement. 

Chaque personne a son vécu, sa base de connaissance, son language corporel, sa façon de s'exprimer et d'appréhender les signaux qu'elle reçoit (on peut parler de représentations mentales.) Ce qui fait que lorsqu'elle lit, les mots vont résonner d'une façon particulière.

Prenons un mot simple. Etoile.
Moi je pense tout de suite aux étoiles qui brillent dans le ciel.
Un chef dans un restaurant pensera peut-être au Guide Michelin ; ma fille, aux stickers qu'elle essaie de manger chaque matin ; mon fils, à La Guerre des Etoiles.
Vous avez saisi.

Dans le texte, les mots et les phrases sont assez précis pour lever les ambiguités. N'empêche, si on prend par exemple la phrase suivante : "Madame Cheval s'engagea sur une voie pavée.", les lecteurs voient sûrement des voies pavées différentes, et certains d'entre vous voient un cheval, non une dame, qui avance sur la voie pavée.

Il y a donc un phénomène d'interprétation qui introduit une légère distorsion. Lorsqu'on étudie les interactions humaines, on s'aperçoit que pour communiquer, les humains ont besoin d'un terrain commun. Si l'une des parties emploie des mots inconnus ou mal interprétés par l'autre, une incompréhension naît. Je pense que dans un texte, il y a plein de petites incompréhensions liées aux problèmes de terrain commun.

Il n'y a pas que les mots qui sont touchés par ce phénomène, il y a aussi par extension le style. Outre le choix des mots, le style passe par les constructions de phrases, de paragraphes, de chapitres, qui sont plus ou moins complexes. Parfois, sans être complexes, les formulations ne sont pas familières ou naturelles pour certains lecteurs ; c'est juste qu'ils ne sont pas habitués à la façon dont vous construisez votre texte, un peu comme quand on rencontre quelqu'un et qu'on met un peu de temps pour s'habituer à son humour.

Lorsque le lecteur commence un livre, il peut lui falloir du temps pour "entendre" sa musique, parce qu'il la découvre et qu'il lui faut établir des repères. Parfois, il n'y parvient pas et il abandonne. (Je n'essaie plus Proust depuis longtemps.) Bref, il y a une question d'expérience du lecteur, à savoir, pas depuis quand il lit, mais ce qu'il a lu et apprécié par le passé. Si vous et votre lecteur avez plein de lectures communes, il y a également de bonnes chances pour que vous ayez un beau terrain commun. Si le lecteur a déjà lu vos autres bouquins, il y a de bonnes chances pour qu'il entre facilement dans le prochain. Et si le lecteur reprend sa lecture depuis le début après s'être arrêté une première fois, il va peut-être balayer ses difficultés.

Au-delà du décodage à proprement parler du texte, d'autres problèmes surviennent au moment de l'identification avec les personnages ou des conflits que ces derniers vont traverser. Il faut également un terrain commun pour que le lecteur, à défaut de s'identifier, comprenne et accepte  ce qui se produit dans le roman. Il est important de le construire afin de rendre le récit crédible en livrant au fur et à mesure les éléments d'information nécessaires à la compréhension de l'histoire (l'auteur sait des choses que le lecteur ignore, et s'il ne les lui donne pas, il risque de le perdre.)

Il est aussi intéressant de constater que pour un personnage donné, les lecteurs ne vont pas retenir les mêmes facettes de son caractère. Le personnage renvoie à des lectures précédentes ou bien à des expériences personnelles qui influencent le jugement final du lecteur. Si l'auteur fait bien son boulot de caractérisation, il travaille sur les réactions des personnages, il leur fabrique un comportement, il leur forge un discours, et les lecteurs vont analyser ces éléments pour se construire une opinion sur le personnage. Dans le cas de Siwès, par exemple, elle n'a pas de corps et ses émotions la dominent au cours de ses rêves, ce qui la fait paraître plus jeune que 19 ans, ou bien agaçante et colérique, mais également touchante et tourmentée selon les lecteurs.

Il n'existe pas une seule vision d'un personnage, et ce que le lecteur en retient lui appartient. Par extension, il n'y a pas une seule vision du texte, et donc, il est possible de complètement passer à côté, parce qu'on va se focaliser sur ce qui retient notre attention (le style, l'histoire, les personnages) en bien ou en mal. Et puis on va lire entre les lignes, et ce qu'on verra ne sera pas forcément ce que l'auteur avait en tête.

Ma conclusion de ces petites réflexions à 2€50, c'est que j'ai l'impression que les textes agissent comme des miroirs déformants sur les lecteurs et qu'ils ne peuvent en apprécier la substance que s'ils parviennent à capter en partie leur reflet, de façon inconsciente car ils ne peuvent pas mentir sur ce qu'ils ressentent à la lecture. Et je crois aussi qu'écrire un bon texte accessible au plus grand nombre, c'est juste super difficile.

Au moins aussi difficile que ça.



mercredi 6 juillet 2011

Lectures de juillet

Chers égarés, j'espère que vous profitez bien des beaux jours ! Aujourd'hui, un petit coup de projecteur sur les deux romans des éditions du Riez. Bien sûr, vous me direz que je prêche pour ma paroisse, mais c'est rassurant pour un auteur d'aimer les bouquins de son éditeur, non ?

Je me permets de faire un peu de pub parce que je ne lis pas tous les bouquins en 48h, loin de là.

Un Autre de Christophe Nicolas


Résumé - Au milieu de la nuit, deux hommes débarquent chez Sam et le jettent sur la banquette arrière d’une voiture, un sac de toile sur la tête, le canon d’un revolver contre la tempe. Samuel Marx a accumulé les dettes depuis son divorce, et l’ardoise a été rachetée par un dangereux mafieux. Mais Sam réussit à s’enfuir, et sa cavale le mène dans un village où débute l’étrange méprise… Pourquoi le pompiste l’appelle-t-il Vince? Et pourquoi cette jeune femme l’accueille-t-elle chez elle et l’embrasse en croyant étreindre son mari ?


Ce roman est à destination d'un public averti (il y a des scènes difficiles pour les âmes sensibles), je préfère le dire tout de suite, mais pour ceux qui n'ont pas froid aux yeux et qui ont envie d'une lecture qui prend aux tripes, je vous le recommande chaudement. C'est un roman avec une atmosphère particulière, lourde, parfois glauque, surtout rythmée, on ne s'y ennuie pas une minute.

On suit avec une certaine fascination les aventures de Sam, un type qui se retrouve à la place de Vince, un autre gars qu'il ne connait ni d'Eve ni d'Adam : tout le monde confond Sam avec celui qu'il n'est pas. Très vite, il comprend qu'il est pris dans un piège inextricable. On suit avec délectation ce personnage qui lutte, se débat, mais s'oppose à une force qui le dépasse...

Le fantastique est intrinsèque, presque silencieux, limite sournois, ce qui laisse une belle place au réalisme de cette histoire, laquelle exerce une emprise terrible sur le lecteur. Il ne s'agit pas que des décors très visuels mais aussi des dialogues qui font mouche, des  personnages à la psychologie fouillée et un scénario intelligent. L'écriture de ce thriller est maitrisée de bout en bout par l'auteur qui démontre un grand talent, et on se retrouve complètement happé par ce qui arrive à ce pauvre type. Vous ne verrez pas les pages filer ! ne pourrez pas le lâcher.

Je n'ai pas envie d'en dire plus, je vous laisse découvrir ce texte par vous-même.

Les Pousse-Pierres d'Arnaud Duval


En 2170, d’un côté les corporations terriennes ont remplacé les états et dominent la planète. De l’autre, les communautés spatiales contrôlent le reste du système solaire sous l’autorité d’Eloane, la station orbitale géante au point de Lagrange L1 entre la Terre et la Lune. 
Les prospecteurs Spatieux de la Ceinture d'Astéroïdes, également appelés "pousse-pierres", fournissent à la Terre les ressources spatiales dont elle dépend, mais les terriens sont priés de rester chez eux. Un consortium de corporations s’organise pour mettre fin à la domination d’Eloane au moyen d’un coup de force audacieux.Maureen O’Garret est une jeune fille dont les parents ont été victimes d’un accident mortel autour de Jupiter. Solitaire et volontaire, elle cherche à reconstruire sa vie à bord de l'Améthyste, le cargo Spatieux qui l’a recueillie.La famille de Richard Trévise a décidé de fuir la Terre afin d’émigrer clandestinement sur Eloane. Ses parents, anciens employés d’une des corporations du consortium, deviennent l’enjeu d’une lutte souterraine entre les services de sécurité Terriens et ceux d’Eloane. Dans l’espace Richard découvre un monde aux règles étranges, et pas toujours confortable. Lorsque les corporations terriennes passent à l’action, les deux jeunes gens se retrouvent au cœur d’un affrontement qui va décider du futur de l’humanité.


Je ne suis pas très lecture SF depuis une dizaine d'années (sauf en BD). La faute à une overdose ? Peut-être. Disons que  des boutons me viennent quand ça tourne à la Hard SF. Moi j'aime le space op', les gros vaisseaux, le bling bling des explosions dans l'espace, les robots improbables et les sabres-laser. J'ai abandonné un bon nombre des derniers bouquins de SF que j'ai lus, jusqu'aux Pousse-Pierres (ne me demandez pas les titres, je les ai rayés de ma mémoire).

Bref. Je l'ai acheté en me disant que je le lirai, tout en ayant un peu peur (je connais l'auteur et j'avais envie de le lire, vous voyez). Une connaissance m'a rassurée. Elle m'a dit que dans ce bouquin, je trouverai tout ce que j'aime de la SF. (Sauf le sabre-laser.)

Elle avait raison ! J'ai passé un excellent moment avec ce roman qui m'a transportée dans l'espace. L'auteur a imaginé un scénario réussi qui mêle les destinées de Maureen et Richard, deux adolescents sans lien a priori. Leurs vies sont bouleversées et leurs émotions sont très bien retranscrites par l'auteur. La petite Maureen m'a même arrachée quelques larmes.

Mais ne croyez as à un roman introspectif. Il y a de l'action, des batailles spatiales, de véritables enjeux qui dépassent les héros, ça bouge, ça flingue dans tous les sens, ça crapahute avec la peur au ventre. Une mention spéciale pour les intelligences artificielles qui ajoutent une touche d'humour à ce récit. J'ai vraiment passé un excellent moment. ^__^

Voilà, j'espère vous avoir donné envie de lire ces deux romans (les fiches de lecture, ce n'est pas mon fort...)
Il est temps que je retourne travailler un peu sur mes propres textes.

A bientôt!

mardi 28 décembre 2010

Le tunnel magique

Chers lecteurs,

J'aime beaucoup ce texte, je l'ai revu pour vous aujourd'hui. J'espère qu'il vous plaira et qu'il n'y a plus de faute...

Petit conte de fête : le tunnel magique

Bonnes fêtes à toutes et tous !
Votre dévouée Syven

lundi 25 octobre 2010

Premier jet terminé !

J'ai terminé le premier jet de la Guerrière Fantôme (tome 1 des chroniques de Siwès).

Evidemment, pour certains, la nouvelle sent le réchauffé... Il faut dire que la semaine dernière, je n'ai pas eu le temps de poster à ce sujet entre deux émotions occasionnées par la couverture d'Au Sortir de l'Ombre (que je ne me lasse pas d'admirer.)

En vérité, non seulement j'ai fini ce premier jet, mais en plus j'ai trouvé le titre du tome suivant : Le Lion à la Langue Fourchue. Ceux qui ont suivi se souviennent qu'avec le second personnage principal Baxian, je construisais les bases du tome 2, et naturellement, la fin de cet épisode est liée à ce titre. J'en suis très contente. J'ai hâte de me mettre à l'écriture de ce deuxième tome et je prends déjà des notes (assaillie que je suis par mes idées qui ne semblent pas vouloir prendre congé, elles.)

Cerise sur le gâteau, j'ai aussi résolu une certaine partie du cliffhanger diabolique de Siwès qui ne me convenait pas. Je sais, parmi vous les bêta-lecteurs désignés sont ravis de le savoir, un cliffhanger, génial, le genre de truc qui énerve le lecteur qui doit attendre un an pour lire la suite...

J'ai une nouvelle à terminer pour un Appel à textes, et dès que j'ai fini, je me mets à la relecture. Si je pouvais l'achever pour noël, ce serait vraiment bien. Comme on dit, à coeur vaillant, rien d'impossible ! ^__^

Lecture...


PS: j'ai lu Vegas Mytho de Christophe Lambert ce WE.
C'est ENORME ! J'ai adoré !

Vous aimez Californication ? Les films de brigands ? Les 50's ? Les Dieux? La mythologie ? Les SUPERS POUVOIRS?

Allez-y, foncez. Je ne l'ai pas lâché en deux jours.

mardi 29 juin 2010

Le public aime la fantasy, et moi aussi

J'écris de la fantasy avec des gros monstres, pas de la fantasy historique comme c'est la mode en ce moment j'ai l'impression (ce n'est pas une critique, j'adore en lire). J'aime les grosses bestioles, les super pouvoirs, les combats pour sauver le monde... Ouais. J'assume mon petit côté manichéen, et je compense par un traitement en profondeur des personnages (du moins j'essaie, ne vendons pas la peau du marjak avant de l'avoir buté.)

Donc forcément, cela m'agace de lire des commentaires dédaigneux à l'égard de cette littérature, et justement parce qu'elle est populaire. Elle s'est imposée auprès du public. Ce n'est pas pour autant qu'elle est moins intelligente que les autres.

L'analyse à suivre sera grossière et incomplète, mais elle résume mon point de vue.

La fantasy (sous quelque format que ce soit, BD, manga, conte, roman, etc.) transpose les rouages de l'humanité à travers ses mondes imaginaires. Les créatures, les pouvoirs et tous ces éléments qui relèvent de la magie travestissent, ou au contraire, expriment avec emphase le caractère humain. Ce sont des allégories de ce nos sociétés nous inspirent.

Ces allégories parlent au lecteur. Elles s'ouvrent leur inconscient de la même façon que les contes "parlent" aux enfants. C'est selon moi, ce qui explique la popularité de ces littératures et aussi leur intérêt. Elles confèrent une grande liberté dans les interrogations qu'elles véhiculent sans entamer le plaisir du récit d'aventure. Bon nombre d'auteurs écrivent des romans de fantasy sans ce genre de prétention à l'esprit, mais je m'aperçois au fil de mes lectures, peut-être parce qu'avec l'âge je suis de plus en plus attentive, qu'il y a toujours en filigrane des critiques, des voeux et certains idéaux qui transparaissent à travers les rêves et les cauchemars qu'ils nous proposent. Même dans les navets (si, je vous jure, L'envol de la flèche prône la libération sexuelle).

Vous êtes encore dubitatif ? Alors observez mieux le monde qui nous entoure. Si dans une pub de bagnole on parvient à évoquer la liberté rien qu'en montrant des ballons qui s'envolent, ne me dites pas qu'un dragon en vol stationnaire au-dessus d'une cité ne traduit pas une menace qui plane.

On peut détester la fantasy, mais il n'y a pas de raison de la sous-estimer. En particulier, lorsqu'elle s'offre le luxe de ré-inventer un monde, car c'est souvent là qu'il y a le plus de niveaux de lecture (enfin surtout sur un bon texte, évidemment.) Le lecteur compare sa réalité à celle du livre. Après, tout dépend de lui et de ce que l'auteur montre (consciemment ou pas), ainsi que la façon dont les personnages s'accomodent de leur environnement pour déterminer en partie le message.

Tout ceci me fait penser à Jean de la Fontaine. Je crois que les auteurs de l'Imaginaire (pas que de fantasy) sont les fabulistes contemporains, sauf que je ne suis pas certaine qu'il s'agisse de conclure sur une question morale, mais plutôt sur une prise de conscience (à étudier dans un autre article.) En tout cas, j'aime m'imaginer en fabuliste des temps modernes, et je prends plaisir à regarder mes monstres les yeux dans les yeux, en sachant pertinemment ce qu'ils incarnent.

Revenons à la fantasy. A mon sens, il y a au moins une autre raison pour laquelle elle plaît tant : elle offre nombre d'univers où la société de consommation est absente. La nôtre tue beaucoup de rêves en exposant une idée très matérielle du bonheur et de la réussite, et de tout ce qui peut faire vendre. Se tourner vers la fantasy traduit peut-être une façon pour le lecteur d'échapper aux messages publicitaires qui le bombardent, ainsi qu'une volonté de s'en affranchir grâce à la promesse de merveilleux et de magie associée à ce genre.

Voilà ma réponse à ce succès. Ce ne sont que quelques pistes de réflexion, j'en ai eu d'autres entre temps, mais je vais m'arrêter là. Si vous avez en tête d'autres raisons qui expliquent l'engouement du public pour la fantasy, n'hésitez pas à me les faire connaître en commentaire.

mardi 1 juin 2010

Lecture de mai, oh yeah

Chers chers lecteurs, me pardonnerez-vous ce terrible abandon ?

Lecture

Avec le beau temps du mois de mai, j'ai renoué avec les balades, le jardinage en extérieur, les coups de soleil, la sieste mais aussi la lecture.

Donc j'ai lu (entre autres, mais la flemme de faire toute la liste) :


[Bonne lecture, même si hum, coeur prude s'abstenir.]


La suite de la saveur des Figues (en exclusivité, si-si), je vous remets le bouquin pour que vous le visualisiez bien le tome 1.

[Bah, j'ai adoré le premier, le deuxième est dans la même veine, donc pouf, lu en 2 fois.]

En ce moment, c'est Entrechats, de Cecile Duquenne, dédicacé, qui m'occupe.


[Je recommande, c'est excellent. Il sera fini sous peu.]

Juste après je vais lire un nouveau livre dédicacé :

[Je ravie de me replonger dans cet univers. ^_^]


Et j'attends par la poste, surprise, il est dédicacé grâce à mon ami Paul Beorn : 


[Je n'ai lu aucune critique pour me ménager la surprise, comme pour Kushiel. ^^]

Boulot...

J'ai assez peu écrit. Enfin si, j'avance mais lentement, je suis à 525 000 SEC, et je vais bientôt repartir au début du roman. [Je parle de notre ami Baxian dont j'écris la partition. J'ai plein de nouvelles idées, Siwès va bien s'amuser.] Je profite de mon avance sur planning qui fond comme un magnum au soleil.

Vais-je résister à relire en même temps que j'écris ? Rien n'est moins sûr.

J'ai aussi une relecture de prologue à terminer pour Au Sortir de l'Ombre, un site web à installer, des notes à rendre, des tas de choses à voir avec les permanents de CoCyclics.

Mes listes de tâches m'effraient chaque jour un peu plus. Surtout que c'est pire au boulot...


.

jeudi 9 octobre 2008

Drôle de silence

Ce n'est pas que je n'ai plus rien à dire sur l'écriture. Enfin peut-être.

Je me rappelle avec une certaine joie le temps où je buchais sur les aventures de Robert (je m'écorche les yeux à chaque fois que j'y jette un oeil à cause des fautes d'orthographe, il faudrait vraiment que je fasse quelque chose). J'étais toute neuve sur ces sujets, je me documentais, j'apprenais... Non pas que je n'ai plus rien à apprendre, c'est juste qu'à partir d'un moment, rien ne vaut l'expérience de la pratique. Je n'ai plus besoin de mes recettes pour les appliquer, je les connais bien (et pour l'orthographe, il n'y a pas grand chose à faire, sinon lire et se relire encore plus.)

Hier soir, je lisais un peu (pour changer), et je me suis rendue compte que j'ai basculée en mode bêta-lecteur à l'instant même où l'auteur a commis deux trois erreurs sur la même page, des tournures bizarres, un problème de référence grammaticale. Heureusement, page suivante, tout est rentré dans l'ordre. Sur le coup, ça m'a fait l'effet d'un truc de dingue. J'ai eu l'impression que cette seule page avait échappé à l'oeil acéré de l'auteur. 

Après, il y a eu le moustique. Cette saleté de moustique qui bourdonnait dans la chambre. Je l'entendais sans le voir. Il m'a gâché ma lecture pendant dix bonnes minutes. Je le sentais s'approcher, s'éloigner... Je regrettais presque les araignées (car mon chéri a mis dans la chambre des baguettes pour qu'il n'y ait plus de trous entre le lambris et le plafond; du coup, on n'a plus d'araignées dans la chambre).

J'ai quand même fini par le buter le moustique (j'ai eu une petite pensée pour Sperare au passage — rha, les noobs, ils connaissent pas le Monde des Fedeylins). 

De temps en temps, quand ma force écrasante triomphe de la nature, je me sens presque l'aura d'un gothan, sanguinaire, machiavélique, surpuissante et au-dessus de tout !!!!  Mouahahahahah ! Bon, et puis après je suis retournée à l'ombre (i.e. j'ai éteins la lumière pour faire dodo — j'acquiesce, il serait temps que je finisse mes corrections d'Au Sortir de l'Ombre avant que jene  finisse complètement barrée).


lundi 1 septembre 2008

Rentrée littéraire aux Buttes Chaumont

Si vous êtes dans le coin, je ne saurais que vous conseiller de vous rendre à cette manifestation. En particulier, si vous aimez les genres science fiction, fantasy et fantastique. Ces éditeurs indépendants sortent des sentiers battus. J'ai une bonne partie de la collection novella de Griffe d'encre, j'ai lu cet été Les perles d'Allaya de Mille saisons, et je vous assure, je n'ai pas été déçue.

Alors voilà, je vous passe le message: si vous voulez tâter de l'authentique auteur de l'imaginaire, c'est là qu'il faut vous rendre !!!

jeudi 27 mars 2008

Sortie de Route


Je lis toujours, même si ça ne se voit pas beaucoup sur ce blog. Entre deux pages d'un G.G.Kay, je me suis glissée dans la lecture de la novella de Nathalie Salvi, Sortie de Route.


Une heure plus tard, je n'avais plus qu'à refermer le livre, sur la page fin. Ce texte dresse un portrait, peut-être bien un constat. On pénètre sans peine dans la tête de notre protagoniste, on le comprend si bien, cet homme qu'on a la sensation de croiser chaque jour... Pas de circonstances atténuantes, l'auteur nous le livre sur un plateau. Dans un monde où tout serait si parfait, elle nous le pend par les tripes.
J'apprécie les mots pesés, le ton incisif, le final sans atermoiement. Je médite sur la justesse de la plume, l'enseignement à en tirer.
Hum. Une saine lecture, telle qu'il faut plus souvent en trouver.
En conclusion, je suis de plus en plus fan de cette collection de Griffe d'encre. Je vous conseille d'acheter ce dernier opus comme les autres (et de visiter le blog de l'auteur, Clopin clopan...)