mercredi 19 novembre 2008

Les questions / se bêta-lire

Ceci est un Robert Revival. J'ai même déterré le PDF pour l'occasion. Il se peut que je le revoie en janvier.


Ce petit article rentre dans la catégorie comment bien se relire une fois qu'on a terminé d'écrire le premier brouillon.

Les questions sont le nerfs de la guerre, et c'est une partie des éléments de fond qu'il faut bien maitriser. Je vous vois froncer le sourcil. Explications.

Votre roman suit des fils directeurs, par exemple, Robert qui se met en quatre pour montrer sa bravoure à son roi avec le vain espoir de décrocher la main de sa fille, mais ce fil là est entremêlé avec celui du complot qu'il découvre par hasard.

Au fur et à mesure que le lecteur avance dans la lecture en suivant le premier fil, il va découvrir le second, et ce sont ces deux fils qui créent la dynamique de votre roman, l'intrigue en somme. Et pour intriguer, vous semez des questions. Qu'il s'agisse de SFFF, d'un thriller ou de littérature classique, le lecteur se pose toujours des questions, parce que vous l'auteur, vous les créez en semant des pistes, des indices, des rebondissements inattendus, ou même, attendus.

Ces questions sont un vrai croc en jambe si elles ne trouvent aucune réponse. Elles sont le lien délicat qui attachent le lecteur à votre histoire. Il arrive qu'un fil directeur ne soit qu'un prétexte à en introduire un autre, mais dans ce cas, le fil lui-même mérite sa petite conclusion.

Par exemple, Robert comprend que définitivement, il n'a aucune chance de l'épouser, quand le roi annonce officiellement les fiançailles de la demoiselle avec un vieux prince du grand-royaume-de-l'isle. Ca ne l'empêche pas pour autant de poursuivre sa quête de complot. Mais si tout à coup, sans rien préciser, vous abandonnez son obsession pour cette fille sans crier gare, c'est-à-dire, qu'elle disparaît purement et simplement de l'histoire, le lecteur va se demander pourquoi il en a fait tout un foin.

Mais là, je digresse. Revenons-en aux questions. Souvent, on utilise ces questions pour amener le lecteur sur une piste: la question le conduit à certaines actions qui l'entrainent vers de nouvelles actions/questions. De fil en aiguille, on en oublie parfois de résoudre la question initiale à la rédaction. Bien sûr, certaines questions subsidiaires ne nécessitent pas forcément de clarification, mais dès lors que vous faites de la question un élément prédominant qui dure, le lecteur va vouloir une réponse, quitte à la trouver lui-même si vous intillez savamment ce qu'il faut pour qu'il se fasse sa propre idée.

Exemple: A voir courir Robert après cette princesse, on se demande forcément si elle a des sentiments pour lui. En particulier, vous pouvez entretenir le doute après l'annonce de ces fiançailles ou choisir de lever ce doute. Tout est une question de traitement dans le texte.

Même si on a bétonné son scénario, la rédaction déborde souvent un peu, alors croyez-moi, il n'est pas inutile de se relire et de noter les différentes questions qu'on a posées, et de les rayer quand on trouve plus loin la zone de réponse.

Une bonne vieille liste suffit. Si vous êtes très appliqué, vous noterez les réponses, mais noter les questions et les rayer, c'est déjà pas mal. Une fois que vous serez arrivé au bout du roman, vous y verrez plus clairement dans quelle position se trouve le lecteur (ainsi que quand on lui répond, le pauvre—le moment est aussi important pour la crédibilité).

C'est là aussi qu'il ne faut pas tomber dans un autre piège, se dire qu'on répondra aux questions dans un autre tome pour les raisons suivantes:
- une avalanche de réponses n'est pas forcément ce qu'attend le lecteur
- un lecteur qui ne trouve pas assez de réponses a la sensation qu'on le fait courir. Et le lecteur n'est pas un lapin. Pour être satisfait quand on referme un roman, il faut qu'on ait eu sa dose de réponses ou d'éléments de réponse pour se bâtir sa théorie. Sinon, on ne sait pas trop si on a bien compris, si ça a un sens.
Donc sans répondre à tout et sans empiéter sur la suite, il faut que le tome se justifie.

Eh eh. Dans le cas de Robert, tout est si simple.
Je pense que la princesse ne sait même pas qu'il existe. Le pauvre.

2 commentaires:

Matteic a dit…

Il est pas sorti de l'affaire, Robert...
Je béta-read (des fanfictions, pas aussi ambitieux qu'un livre) pour d'autres, c'est nettement plus facile que sur soi mais j'ai quelques souvenirs et je compatis !
Blogger the propose une "thalpy" (thérapie en chinois) pour soigner quoi, je ne sais...

Anonyme a dit…

J'aime beaucoup la comparaison du lecteur et du lapin. Si si ^^
Et je suis bien contente de retrouver Robert ^^

Black